Actualités et évolutions de la législation sociale
Rupture conventionnelle : ce qui va changer dĂšs septembre 2026 đ
Thématique : Actualités sociales et évolutions législatives impactant la gestion de la paie
Ă partir du 1er septembre 2026, les salariĂ©s quittant leur emploi dans le cadre dâune rupture conventionnelle individuelle verront leur durĂ©e maximale dâindemnisation chĂŽmage diminuer. La rĂ©forme ne remet pas en cause le principe de la rupture conventionnelle, mais elle en modifie sensiblement les consĂ©quences financiĂšres.
Une durĂ©e dâindemnisation revue Ă la baisse đ
JusquâĂ prĂ©sent, un salariĂ© ayant signĂ© une rupture conventionnelle pouvait bĂ©nĂ©ficier de lâallocation dâaide au retour Ă lâemploi pendant une durĂ©e maximale comprise entre 18 et 27 mois, selon son Ăąge.
DÚs le 1er septembre 2026, cette durée sera ramenée à 15 mois pour les salariés de moins de 55 ans, contre 18 mois auparavant.
Les salariĂ©s ĂągĂ©s de 55 ans et plus pourront, quant Ă eux, ĂȘtre indemnisĂ©s pendant 20 mois et demi au maximum. La rĂ©duction sera particuliĂšrement importante pour les personnes ĂągĂ©es de 57 ans ou plus, dont la durĂ©e maximale dâindemnisation pouvait jusquâici atteindre 27 mois.
Des rĂšgles particuliĂšres continueront de sâappliquer dans les dĂ©partements dâoutre-mer, hors Mayotte. La durĂ©e maximale sera fixĂ©e Ă 20 mois pour les salariĂ©s de moins de 55 ans et Ă 30 mois pour ceux ĂągĂ©s de 55 ans ou plus.
Qui sera concernĂ© par la rĂ©forme ? đ„
Les nouvelles rĂšgles sâappliqueront aux salariĂ©s dont le contrat de travail prendra effectivement fin Ă compter du 1er septembre 2026.
Câest donc la date de rupture mentionnĂ©e dans la convention qui devra ĂȘtre prise en compte, et non la date de signature du document ou celle de son homologation par lâadministration.
Une rupture conventionnelle signĂ©e au mois dâaoĂ»t 2026, mais prĂ©voyant une fin de contrat au 1er septembre ou aprĂšs cette date, sera soumise aux nouvelles durĂ©es dâindemnisation.
Ă lâinverse, lorsque le contrat prendra fin au plus tard le 31 aoĂ»t 2026, le salariĂ© restera soumis aux anciennes rĂšgles.
La rupture conventionnelle nâest pas supprimĂ©e â
Cette rĂ©forme concerne uniquement la durĂ©e maximale de versement des allocations chĂŽmage. Elle ne supprime ni le dispositif de rupture conventionnelle ni le droit Ă lâassurance chĂŽmage.
La procĂ©dure reste donc inchangĂ©e. Lâemployeur et le salariĂ© doivent toujours convenir librement de la rupture du contrat et organiser au moins un entretien. AprĂšs la signature de la convention, chacun bĂ©nĂ©ficie dâun dĂ©lai de rĂ©tractation de quinze jours calendaires.
La convention doit ensuite ĂȘtre transmise Ă lâadministration pour homologation. Le salariĂ© conserve Ă©galement le droit Ă une indemnitĂ© spĂ©cifique de rupture, dont le montant ne peut pas ĂȘtre infĂ©rieur Ă lâindemnitĂ© lĂ©gale de licenciement ou, dans certains cas, Ă lâindemnitĂ© prĂ©vue par la convention collective.
Pourquoi cette nouvelle rĂ©forme ? đ€
Le recours Ă la rupture conventionnelle a fortement progressĂ© ces derniĂšres annĂ©es. Selon lâĂ©tude dâimpact accompagnant la rĂ©forme, le nombre de ruptures conventionnelles individuelles a augmentĂ© de 17 % entre 2019 et 2024.
Le Gouvernement et les partenaires sociaux signataires souhaitent ainsi mieux différencier les personnes ayant perdu involontairement leur emploi de celles ayant négocié leur départ avec leur employeur.
Lâobjectif affichĂ© est Ă©galement dâencourager un retour plus rapide Ă lâemploi et de rĂ©duire les dĂ©penses supportĂ©es par lâassurance chĂŽmage.
Cette approche reste toutefois contestĂ©e. Une rupture conventionnelle nâest pas toujours demandĂ©e par le salariĂ©. Elle peut aussi ĂȘtre proposĂ©e par lâemployeur dans un contexte de rĂ©organisation, de tensions professionnelles ou de suppression de poste.
Une nĂ©gociation qui devra ĂȘtre mieux prĂ©parĂ©e đ€
Ă partir de septembre 2026, les salariĂ©s devront davantage anticiper les consĂ©quences financiĂšres de leur dĂ©part. La rĂ©duction de la durĂ©e dâindemnisation pourra notamment peser sur les personnes ayant besoin de plusieurs mois pour retrouver un emploi ou mener un projet de reconversion.
Ce changement pourrait aussi influencer la nĂ©gociation de lâindemnitĂ© de rupture. Certains salariĂ©s chercheront probablement Ă obtenir une indemnitĂ© plus importante afin de compenser la diminution de leurs droits au chĂŽmage.
Il faudra nĂ©anmoins rester attentif aux indemnitĂ©s supĂ©rieures au minimum lĂ©gal. Celles-ci peuvent entraĂźner un diffĂ©rĂ© dâindemnisation et repousser la date de dĂ©but du versement de lâallocation chĂŽmage.
Ce quâil faut retenir đĄ
Ă partir du 1er septembre 2026, la rupture conventionnelle continuera dâouvrir droit au chĂŽmage, mais pendant une pĂ©riode plus courte. La durĂ©e maximale passera Ă 15 mois pour les salariĂ©s de moins de 55 ans et Ă 20 mois et demi pour ceux ĂągĂ©s de 55 ans ou plus en France mĂ©tropolitaine.
Avant de signer une convention, il sera donc essentiel de vĂ©rifier la date effective de fin du contrat, dâestimer prĂ©cisĂ©ment ses futurs droits et de tenir compte de cette nouvelle durĂ©e dans la nĂ©gociation de lâindemnitĂ© de dĂ©part.
La rĂ©forme transforme ainsi lâĂ©quilibre de la rupture conventionnelle sans remettre en cause son existence. Elle rend toutefois la prĂ©paration du dĂ©part et lâanticipation du retour Ă lâemploi encore plus importantes. âïž
Article de référence
ActualitĂ©s sociales et Ă©volutions lĂ©gislatives impactant la gestion de la paieDans la mĂȘme thĂ©matique
Actualités sociales et évolutions législatives impactant la gestion de la paie
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